Si je publie cette lettre, c'est parce que le blog est aussi fait pour toi. Il retrace nos tranches de vie.
Les mots qui suivent, j'aurai aimé ne pas avoir à te les écrire. Cela signifierait que ton Grand-père Bernard est encore là.
Alors que tu atteinds aujourd'hui le cap des 18 mois, tu n'es peut être pas en mesure d'avoir de réels souvenirs des moments passés avec ton Grand-père.
En voici donc quelques-uns. Je vais sans doute en oublier. Ces instants n'étaient pas faciles à immortaliser sur une pellicule, alors seules certaines anecdotes seront ponctuées de photos.
Le lendemain de ta naissance, avec Misa, il nous avait rendu visite. Il n'a pas osé te prendre dans ses bras car à ses yeux tu étais trop fragile. Par contre, il a immortalisé les instants pendant lesquels tu étais tout contre Misa.
Nous sommes rentrés à la maison le mercredi 13 novembre. Comme nous venions d'être cambriolés il est venu passer l'après midi à nos côtés et nous avons repris les travaux d'électricité que nous avions commencé avant ta naissance. Ainsi presque tous les mercredis, de semaines en semaines, il a vu tes progrès. Nous avons souvent ri en constatant que le bruit des outils te laissait insensible sans doute parce que tu les avais entendus en étant dans mon ventre, du moins c'est ce qu'on disait.
Pour le premier Noël, il t'a initié à la musique classique et c'est la Marche de Radetzky que tu as préférée. Il nous en a fait une copie que nous t'avons passée en voiture lorsque tu trouvais les déplacements un peu longs.
Quelques mois plus tard, il t'a pris sur ses genoux et s'est mis au piano pour te jouer des comptines. Lorsque ce n'était pas au piano, c'était sur la tablette.
Dans ses bras tu étais fasciné par les boutons de son gilet en laine et il s'exclamait alors : "Bouton, bouton, bouton!". Si tu pleurais un peu, il se moquait gentiment de nous en nous qualifiant de " Bourreaux d'enfant !". Dès que tu as réussi à te mettre debout, il a essayé de te faire marcher.
L'été dernier, il était ravi de prendre en photo le câlin que tu faisais avec Misa.
Pour Noël, il a demandé au Père Noël de te doter d'un nouveau moyen de locomotion. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle te plait la voiture.
Au départ, tu as eu du mal. Aujourd'hui tu es un vrai bolide.
C'est en sa compagnie que tu t'es initié aux croissants. D'abord quelques miettes qu'il mettait de côté, puis une petite tranche et maintenant ce sont des moitiés de lune que tu dévores. Pour le pain au chocolat, qu'est ce que tu nous as fait rire. Tu décortiquais la pâte pour en extraire et ne manger dans un premier temps que le chocolat, ensuite venait le tour de la pâte.
En parlant de chocolat, c'est aussi avec ton grand-père que tu as découvert le chocolat. Il t'avait acheté des petites tuiles. Pour Pâques, tu as même eu une poule en chocolat avec ton prénom. Pour ce même WE de Pâques, il n'était pas peu fier de te tenir la main le long de la Seine.
Grimpé sur ses épaules, tu étais tout heureux toi aussi.
Et vous étiez beaux à voir tous les trois ce même jour.
Profitant des premiers beaux jours de mai, il t'a fait découvrir le jardin, les pétales de glycine qui jonchaient le sol, les pâquerettes et puis la terrasse mais aussi et surtout la descente vers le garage. Avec Misa nous entendions les éclats de rire lorsque tu dévalais la pente.
Il y a deux jours, il te faisait sauter sur ses genoux, te lançait dans ses bras, caressait sa joue contre la tienne, cela te faisait rire aux éclats.
Il voulait te faire découvrir une multitude de choses. L'année et demie que vous avez partagée a été beaucoup trop courte, mais une chose est certaine ton grand père t'aimait très fort et pour nous c'était une grande joie de vous voir partager ces moments.
Le destin est parfois cruel et injuste mais une chose est sûre, la place que ton grand-père occupera dans notre mémoire sera toujours vivante.







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